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Récit d'utilisation des Ateliers de stimulation pour une santé cognitive

L’équipe de la mission universitaire a rencontré une intervenante pour qu’elle partage son expérience d’animation des Ateliers de stimulation pour une santé cognitive au Centre des femmes du Plateau Mont-Royal.
Ce récit d’utilisation permet de se familiariser avec cet outil de façon concrète et pratique. Son regard donne ainsi un aperçu en direct du terrain des possibilités offertes par les Ateliers afin de travailler les mécanismes de la mémoire. Entretien avec Cristiane Hirata!
  ► Cet entretien a été réalisé par Teams le 22 décembre 2023. Les réponses qui suivent ont été adaptées pour faciliter la lecture.

Q.1 : Comment votre organisme a-t-il pris connaissance du programme des Ateliers?

R.1: Le Centre des femmes du Plateau-Mont-Royal compte parmi trois organismes communautaires qui ont expérimenté le programme durant une première phase “pilote” en 2021, en collaboration avec l'équipe de recherche à l’origine du projet. Grâce à cette expérience très concrète sur le terrain, des corrections ont été apportées pour améliorer le contenu et l’adapter en fonction de ce que nous, les intervenants et intervenants, nous avions constaté en animant les Ateliers.

Q.2: En tant qu’intervenante communautaire, comment avez-vous été formée à animer les Ateliers?

J’ai été formée par la chercheuse elle-même, Dre Sylvie Belleville (CRIUGM, UdeM), ce qui d’ailleurs était très intéressant et plutôt unique. C’était un contact vraiment resserré avec le partenaire de recherche. Je faisais donc partie d'une première cohorte d’animateurs et animatrices qui ont été formé·e·s en ligne, car c’était pendant la pandémie, directement par la chercheuse. Nous avons regardé ensemble chacune des séances des Ateliers pour bien comprendre les enjeux, notre rôle, les objectifs, etc.

►N.B. Ces sessions ont été enregistrées et sont disponibles afin de pouvoir continuer de former les futur·e·s animateurs et animatrices, ce qui fait des Ateliers un programme entièrement autoportant.

Q.3: Pourriez-vous nous décrire le profil des cohortes auprès desquelles vous avez animé les Ateliers?

Nous avons fonctionné avec des cohortes entre 8 et 10 femmes maximum, sauf exception, afin de garantir la qualité du programme en termes d’animation et d’échanges en groupe. En moyenne, les femmes avaient entre 60 à 70 ans, voire 75 ans. Les Ateliers fonctionnent en 8 séances, le programme était donc offert 1 heure par semaine, sur 8 semaines.

Q.4: D’après votre expérience, à quels besoins répondent les Ateliers, en lien notamment avec la dimension de prévention au cœur du programme?

  • Les Ateliers répondent à un besoin étroitement lié à la logique de prévention dans laquelle ils s’inscrivent. En effet, les participantes sont très interpelées par la perspective de prévenir les effets du vieillissement sur leur mémoire : le fait de pouvoir se préparer à cela, anticiper pour retarder le plus possible, c’est un grand besoin. Parce qu’il y a souvent une grande curiosité sur cet enjeu, une préoccupation, teintée parfois d’inquiétude. D’autant plus que notre cas précis, le Centre rassemble à 99% des femmes de 55-60 ans et plus, c’est donc une thématique centrale, qui revient beaucoup.

    Elles s’interrogent : est-ce que ma mémoire est déjà affectée? Qu’est-ce que je peux mettre en place pour retarder un potentiel déclin, concrètement? Comment puis-je me mettre en action pour travailler ma mémoire? 

    Les Ateliers leur permettent donc de se rassurer, déjà parce que souvent elles constatent en participant que tout va bien pour elles à ce niveau-là. Il était d’ailleurs souvent intéressant pour elles de réaliser qu’il y a plusieurs des exercices proposés qu’elles réalisaient en fait de façon intuitive dans leur vie de tous les jours, sans avoir conscience qu’elles jouaient déjà avec des mécanismes importants de leur mémoire.

    Ainsi, au fil des séances elles sont davantage informées, éduquées sur ces thématiques, en comprenant mieux les dynamiques en jeu. Pour autant, ce n’est pas un cours magistral théorique, les séances sont faites pour être interactives, fondées sur les échanges autour de leurs préoccupations et de leurs expériences quotidiennes. 

    Enfin, et surtout, elles en ressortent outillées, avec des stratégies concrètes à mettre en place, des exercices pratiques et des “trucs” du quotidien qui vont nourrir cette logique de prévention, précisément.

    Cette dimension très “pratico-pratique” des Ateliers a fait une grande différence, et c’est aussi l’angle que j’ai privilégié en tant qu’intervenante pour animer le programme. 

Q.5: Comment le programme a-t-il été reçu par les participantes?

Depuis le départ, les Ateliers de stimulation pour une santé cognitive ont été un programme particulièrement populaire : nous avons même dû développer un système de liste d’attente! Les demandes d’inscriptions sont nombreuses. Or, c’est un programme qui doit se faire avec des groupes relativement restreints pour être donné de façon optimale. Donc oui, la réception a été très bonne dans notre organisme. 

En tant qu’animatrice, le déroulement des séances a toujours été très fluide, avec une excellente réceptivité des participantes. Cela est également facilité par la bonne entente des femmes entre elles, car en général elles se connaissent déjà très bien, souvent depuis de nombreuses années, et sont amies via l’organisme et en dehors : en ce sens, l’environnement de socialisation informelle et communautaire offert par le Centre facilite l’animation de ce type d’ateliers. Nous avons beaucoup ri et appris ensemble.

Cet environnement et le dialogue permis par le programme ont facilité les échanges entre elles autour de “stratégies” personnelles pour travailler et jouer avec les mécanismes de leur mémoire. 

Ce qui m’a personnellement surprise, c’est à quel point les participantes étaient assidues dans les “devoirs” à faire chez soi qui sont associés à chaque séance. Pour être honnête, quand j’ai découvert le programme je n’étais pas nécessairement convaincue que ce genre d’exercices à faire après chaque séance, sur le temps individuel des participantes, seraient très populaires. Et finalement, il s’est avéré que les femmes ont été particulièrement studieuses : elles faisaient réellement les exercices chaque semaine avec beaucoup de rigueur et de sérieux. Elles étaient très fières de me dire qu’elles avaient bien fait leurs "devoirs”, souvent avec facilité. Ces exercices très concrets, avec des applications dans leur quotidien, ont finalement contribué au succès du programme!

Q.6: Selon vous, le fait que les Ateliers soient tirés de résultats de recherche est-il une plus-value? Si oui, de quelle(s) façon(s)?

Pour l’organisme, le fait que le programme se fonde sur la recherche est intéressant de deux façons. Premièrement, en tant qu’animatrice, parce que cela m’apporte l’assurance que le contenu que je propose se fonde sur des données scientifiques précises, tirées des études les plus récentes, avec donc une réelle plus-value pour les femmes qui participent. Il y a une réelle légitimité.

De façon similaire, le fait de pouvoir expliquer que les Ateliers sont tirés de la recherche apporte une crédibilité qui fait toute la différence.

Cela met tout de suite les femmes en confiance. Ce n’est pas n’importe quel programme, il se fonde sur les travaux d’une chercheuse, experte dans ce domaine. Cela facilite l’animation et surtout l’implication des participantes, leur adhésion au contenu finalement, car elles ont confiance que cette formation va réellement avoir un impact sur la prévention de déficits cognitifs potentiels.  

Q.7: Pourriez-vous nous partager des pistes d’amélioration ou de développement pour le programme des Ateliers?

Pourquoi ne pas développer davantage la dimension “défi” des Ateliers? Car c’est vrai que les femmes étaient en demande, elles étaient très satisfaites de réussir les exercices et en voulaient plus - alors, pourquoi ne pas travailler à partir de la base existante en l’enrichissant avec une dimension de “challenge”. 

À propos des ateliers de stimulation pour une santé cognitive

Les Ateliers de stimulation pour une santé cognitive sont un programme lancé en 2023 par la Mission universitaire sur la gériatrie et le vieillissement, IUGM. Il a pour but d’outiller les participant·e·s avec des stratégies efficaces pour faciliter leur attention et leur mémoire dans leur quotidien afin de réduire l’impact négatif des déficits cognitifs naturellement occasionnés par le vieillissement.

C'est un programme “clés en main” pour les organismes qui souhaitent l’offrir, entièrement conçu pour une appropriation en toute autonomie par les animateurs et animatrices. 

Le Centre des femmes du Plateau-Mont-Royal dispense les Ateliers depuis plusieurs années. 

Nous adressons nos remerciements au Centre des femmes du Plateau-Mont-Royal pour leur disponibilité, ainsi qu’à Cristiane Hirata! Le Centre proposera à nouveau les Ateliers à partir de mars 2024 – consultez la programmation.

Dernière mise à jour: 2024-01-25